{"id":2250,"date":"2019-07-15T07:43:23","date_gmt":"2019-07-15T07:43:23","guid":{"rendered":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/?page_id=2250"},"modified":"2022-12-22T07:23:51","modified_gmt":"2022-12-22T07:23:51","slug":"recensions","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/?page_id=2250","title":{"rendered":"Recensions"},"content":{"rendered":"<p><strong><br \/>\nMarcher entre les mots : Les territoires du blanc chez Andr\u00e9 du Bouchet et Kenneth White<\/strong><\/p>\n<p>Par <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/author\/christine-durif-bruckert-marc-henir-arfeux\/\">Christine Durif-Bruckert &#8211; Marc-Henri Arfeux<\/a>| 1 septembre 2022|Cat\u00e9gories : <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/category\/auteurs\/andre-du-bouchet\/\">Andr\u00e9 du Bouchet<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/category\/essais-chroniques\/\">Essais &amp; Chroniques<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/category\/auteurs\/kenneth-white\/\">Kenneth White<\/a><\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre importante du po\u00e8te Andr\u00e9 du Bouchet (1924\u20132001) comme celle de Kenneth White po\u00e8te n\u00e9 en \u00e9cosse en 1936 rel\u00e8ve de ce que l\u2019on appelle les \u00ab&nbsp;\u00e9critures blanches&nbsp;\u00bb&nbsp;(\u00ab&nbsp;le monde blanc&nbsp;\u00bb selon l\u2019expression de Kenneth White). &#8230;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/marcher-entre-les-mots-les-territoires-du-blanc-chez-andre-du-bouchet-et-kenneth-white\/\">https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/marcher-entre-les-mots-les-territoires-du-blanc-chez-andre-du-bouchet-et-kenneth-white\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Yves Namur, <em>Dis-moi quelque chose<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Par <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/author\/christine-durif-bruckert\/\">Christine Durif-Bruckert<\/a>| 6 juin 2021|Cat\u00e9gories : <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/category\/auteurs\/yves-namur\/\">Yves Namur<\/a><\/p>\n<p>Les 115 chants que nous donne \u00e0 lire le Po\u00e8te Yves Namur, l\u2019une des grandes voix po\u00e9tiques de la po\u00e9sie belge, \u00ab&nbsp;<em>Dis-moi quelque chose<\/em>&nbsp;\u00bb, suivent le cours des saisons. C\u2019est musical, comme un ensemble incantatoire, profond comme un chemin qui nous emm\u00e8ne \u00e0 travers les \u00e9preuves de vie, les plus ordinaires comme les plus tumultueuses&nbsp;: la profondeur des col\u00e8res, nos tristesses et nos br\u00fblures, <em>Quand le ciel se fait terrible\/Quand l\u2019amour oublie\/<\/em>Q<em>u\u2019il fut roi<\/em> \u00bb (chant 30), ou encore lorsque l\u2019absence est longue (chant 18)&#8230;.<\/p>\n<p>Suite&#8230;.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/yves-namur-dis-moi-quelque-chose\/\">https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/yves-namur-dis-moi-quelque-chose\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Val\u00e9rie Canat de Chizy<strong>, <em>Cach\u00e9 d\u00e9voil\u00e9<\/em><\/strong>&nbsp;par Christine Durif-Bruckert. Dans la revue Recours au Po\u00e8me,&nbsp; novembre\/d\u00e9cembre 2019 .<\/p>\n<p>Val\u00e9rie Canat de Chizy semble \u00e9crire pour tenir ouverte la porte de ses nostalgies, pour ne &nbsp;pas s\u2019enfuir d\u00e9finitivement &nbsp;dans les terres du pass\u00e9, dans ses refuges et lieux de retraite o\u00f9 risquerait de se d\u00e9peupler le pr\u00e9sent.&nbsp;[<a href=\"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/cach\u00e9-d\u00e9voil\u00e9.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Voir l&rsquo;article<\/a>]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bel article<\/strong> de <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/christine.durif?__tn__=%2CdK-R-R&amp;eid=ARD4fZ4QMutFP8oV3Brk_dltgU0PzbH7ZKiHY9yLLWGAFNtnyCltBfGz3ptCXQxcHYV-dNCiA3nNFNTs&amp;fref=mentions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Christine Durif-Bruckert<\/a> \u00e0 propos de : \u00ab\u00a0Une for\u00eat de hasards\u00a0\u00bb, livre d&rsquo;artiste \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;Atelier Chalopin, \u00e0 Lyon, et r\u00e9alis\u00e9 avec le peintre Jean-Philippe Aubanel et le typographe Alain Paccoud&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-dubost-jean-philippe-aubanel-une-foret-de-hasards\/?fbclid=IwAR1Ty8Ow0MqptNwNBrQwKLq2qp1zJeEDSI7uAswMb4NPr-1pj__uR6c2pVMhttps:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-dubost-jean-philippe\u2026\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-dubost-jean-philippe\u2026\/<\/a><\/p>\n<p>Patrick Quillier, <em>Voix \u00e9clat\u00e9es (de 14 \u00e0&nbsp;18),<\/em> pr\u00e9face de Gabriel Mw\u00e8n\u00e8 Okoundji, collection Paul Froment, F\u00e9d\u00e9rop, 408 p., 25\u20ac, paru le 5&nbsp;juin 2018<\/p>\n<p>Par <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/author\/christine-durif-bruckert\/\">Christine Durif-Bruckert<\/a>| 3 d\u00e9cembre 2018|Cat\u00e9gories&nbsp; Focus<\/p>\n<p>Recours au po\u00e8me D\u00e9cembre 2018, 190<\/p>\n<p>Patrick Quillier&nbsp;: Voix \u00e9clat\u00e9es, 14-18 (Prix de po\u00e9sie Kowalski 2018)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chantent les t\u00e9moins, chantent les martyrs<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019heure des comm\u00e9morations officielles de la Grande Guerre le po\u00e8te et traducteur Patrick Quillier<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_0_23326\"><sup>1<\/sup><\/a>nous offre une immense \u0153uvre lyrique, v\u00e9ritable op\u00e9ra spirituel qui donne la parole aux morts de 14\/18, &nbsp;inscrits pour une grande part d\u2019entre eux au \u00ab&nbsp;monument comm\u00e9moratif&nbsp;\u00bb d\u2019Aiglun&nbsp; et de Sigale, deux communes de la vall\u00e9e de l\u2019Est\u00e9ron dans les Alpes maritimes. Son \u0153uvre s\u2019inspire de leurs \u00e9crits, des lettres envoy\u00e9es ou des confidences des carnets de combats, plus intimes, plus libres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se joignent \u00e0&nbsp;eux les voix de \u00ab&nbsp;grands t\u00e9moins&nbsp;\u00bb, Jean Giono, Ernst J\u00fcnger, Jo\u00eb Bousquet, Wilfred Owen et bien d\u2019autres noms de soldats- \u00e9crivains ou po\u00e8tes. Trois personnages fictifs introduits par l\u2019auteur, les fr\u00e8res Lhomme, Adam Nicolas, Achille et Ulysse, exaltent cette \u00e9pop\u00e9e de tonalit\u00e9s plus romanesques et oniriques<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_1_23326\"><sup>2<\/sup><\/a>. Un ensemble qui n\u2019oublie personne, qui rejoint chacun dans son histoire, \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019emplacement que lui a&nbsp;m\u00e9nag\u00e9 le hasard des circonstances&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_2_23326\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces voix m\u00eal\u00e9es, connues, moins connues ou anonymes, chacune in\u00e9dite dans ce qu\u2019elle livre d\u2019\u00e9motion, s\u2019\u00e9clairent mutuellement, se rejoignent en une vibration unique. Un v\u00e9ritable chant de vie port\u00e9 par la symphonie des instruments de fortune fabriqu\u00e9s sur le front avec des restes de guerre, caisses de munitions ou autres d\u00e9bris de bois. Le violoncelle de Maurice Mar\u00e9chal, le violon de Ren\u00e9 Moreau ou encore de Lucien Durosoir entra\u00eenent dans leur sillage \u00ab&nbsp;tout un orchestre spectral aux sons puissants&nbsp;\u00bb (p 292).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sonances de toutes ces voix nous emm\u00e8nent en une longue marche sur la ligne des tranch\u00e9es, dans le c\u0153ur \u00e9mu des soldats, dans les petits riens d\u2019un quotidien si peu ordinaire, mais encore au milieu de l\u2019incessant va-et-vient des brancardiers, infirmi\u00e8res, m\u00e9decins et chercheurs (Marie Curie) \u00ab&nbsp;qui guettent l\u2019infime acharnement des vies \u00e0&nbsp;se maintenir&nbsp;\u00bb (p 45). Un ensemble m\u00e9moriel saisissant, troublant. D\u2019autant plus que cette marche est scand\u00e9e par les d\u00e9casyllabes qu\u2019adapte le po\u00e8te pour lib\u00e9rer les voix convoqu\u00e9es et les mouler harmonieusement dans le po\u00e8me. Les voix volent tant bien que mal sur la \u00ab&nbsp;scansion d\u00e9hanch\u00e9e de vers de dix pieds&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_3_23326\"><sup>4<\/sup><\/a>. &nbsp;Il s\u2019est agi, nous explique l\u2019auteur, \u00ab&nbsp;de les faire r\u00e9sonner ces voix dans l\u2019espace mental configur\u00e9 par les contraintes rythmiques du d\u00e9casyllabe, un d\u00e9casyllabe plus secou\u00e9, voire cahoteux que ne l\u2019aurait permis une \u00e9criture soumise aux r\u00e8gles contraignantes de la tradition, en somme un d\u00e9casyllabe \u00e9clat\u00e9 lui aussi&nbsp;\u00bb (p 401).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est sur ce rythme que se disent avec force la cruaut\u00e9 et la fraternit\u00e9 qui s\u2019entrelacent dans la complainte des bruits de la guerre venus du ciel et des cris des hommes. Cette complainte nous endeuille et nous indigne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant l\u2019\u00e9nergie po\u00e9tique de cette \u00e9criture nous emporte tr\u00e8s pr\u00e8s d\u2019un r\u00e9el mis \u00e0&nbsp;nu, tout pr\u00e8s de ce qui br\u00fble l\u2019\u00e2me et nous attache au d\u00e9sespoir d\u2019une terre qui colle, englue, ensevelit l\u2019homme avant de l\u2019avoir fait mourir, chaque \u00ab&nbsp;corps agonisant&nbsp;\u00e9tant l\u2019agonie anticip\u00e9e&nbsp;\u00bb de chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les sc\u00e8nes r\u00e9currentes de corps hurlants, profan\u00e9s, \u00e9clat\u00e9s dans leur intimit\u00e9 ne nous \u00e9pargnent pas. \u00ab&nbsp;Triste spectacle d\u2019humanit\u00e9 souffrante, h\u00e9b\u00e9t\u00e9e, brute&nbsp;\u00bb qui serait inaudible, bien trop aveuglant si le rythme cadenc\u00e9 et litanique et le souffle \u00e9vocateur des mots ne venaient nous le faire entendre comme la \u00ab&nbsp;fondation sacr\u00e9e de la communaut\u00e9 humaine&nbsp;\u00bb (p 92).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi le charnier que traverse Adam Nicolas Lhomme (en une exp\u00e9rience extr\u00eame) devient un paysage \u00e9crit et \u00e9crivant. Le champ des morts est aussi le champ \u00ab&nbsp;aux papiers&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;un grand fleuve de papiers vers\u00e9s en libation perp\u00e9tuelle&nbsp;\u00bb&nbsp;(p.184).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>[\u2026] \u00ab&nbsp; Et pr\u00e8s de chaque cadavre ou de chaque <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>monceau de cadavres, l\u2019on aper\u00e7oit, <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>sem\u00e9s \u00e7a et l\u00e0, toutes sortes de <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>papiers&nbsp;\u00bb, [\u2026] (p 166)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les livres d\u00e9chir\u00e9s, les cartes postales de toutes sortes, les photos de famille et confidences priv\u00e9es se m\u00ealent aux chairs supplici\u00e9es, abandonn\u00e9es, les recouvrent come un linceul. Et peut-\u00eatre m\u00eame qu\u2019en certains endroits de ce long po\u00e8me, le pouvoir des mots vient parfumer les corps moribonds noircis de vagues de mouches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Adam Nicolas Lhomme dialogue avec ses fr\u00e8res morts. Il frissonne, saisi par&nbsp;d\u2019\u00e9tranges voix, par \u00ab&nbsp;le son d\u2019un murmure ou d\u2019une rumeur d\u2019\u00eatre vivants&nbsp;\u00bb (p167). Les yeux lev\u00e9s au ciel, remplis de larmes il \u00ab&nbsp;entend en lui le requiem lent et sourd qui d\u00e9plore tous ces hommes&nbsp;\u00bb (p184)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le po\u00e8te donne sa voix&nbsp;\u00e0&nbsp;ses personnages, parle au travers d\u2019eux, fait s\u2019\u00e9couler de leur bouche les mots venus du fond de leur \u00e2me. Il entend la v\u00e9rit\u00e9 de leur mobilisation et la force de leurs esp\u00e9rances et r\u00eaveries qui chassent loin la vision des souvenirs sanglants. &nbsp;C\u2019est ainsi que Louis Joseph Fortun\u00e9 \u00ab&nbsp;[\u2026]&nbsp;soupire une derni\u00e8re fois la t\u00eate\/bourdonnante de tous les bruits de sa \/vall\u00e9e du timbre rugueux de la voix\/de son p\u00e8re des chants si bien orn\u00e9s\/ de sa m\u00e8re des douces inflexions\/[\u2026]&nbsp;\u00bb (p 116-117).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils s\u2019endorment en \u00e9coutant les berceuses de leur village et contre tout d\u00e9sespoir chantent l\u2019hymne des fraternit\u00e9s. Ainsi \u00ab&nbsp;l\u2019auteur transforme-t-il des anecdotes de guerre en bornes de la fraternit\u00e9 humaine. Il en fait l\u2019ode d\u2019un choeur solidaire dans la zone franche de la belle amour humaine&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_4_23326\"><sup>5<\/sup><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>[\u2026] Alors<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>On fraternise avant que de hurler <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00e0 la mort, \u00e0&nbsp;la haine, on fraternise<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>avant que de fr\u00e9mir sous la terreur, <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>de toute \u00e9ternit\u00e9 on fraternise<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>avant que d\u2019\u00e9triper, de trucider, <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>de mitrailler, on fraternise avant<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>de faire de l\u2019effroi un feu furieux [\u2026]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>On fraternise en partageant la flamme <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>fragile et m\u00e9ritoire de l\u2019amour [\u2026] (p. 93)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si ces voix nous parviennent avec tant de force c\u2019est parce que le po\u00e8te s\u2019indigne, d\u00e9nonce d\u2019embl\u00e9e l\u2019absurdit\u00e9 et le malheur de la guerre&nbsp;:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Malheureux tous ces morts gibier sans fin<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>aux chasses sans piti\u00e9 de la b\u00eatise<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>mari\u00e9e \u00e0&nbsp;l\u2019hypocrite couardise<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00e0&nbsp;la plus obsc\u00e8ne des convoitises<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>au cynisme se camouflant en \u00ab&nbsp;crise&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00e0 l\u2019arrogant d\u00e9go\u00fbtant \u00e9go(t)\u00efsme [\u2026] (p. 13)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">il s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre la haine, contre la fureur nationaliste et la violence. Il pleure la barbarie inutile, le g\u00e2chis des chairs abim\u00e9es, s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre les fauteurs de guerre pour chanter sans fin, avec tant d\u2019autres qui ont chant\u00e9 avant, \u00ab&nbsp;la vie, le merveilleux souffle de vie, la peine, la r\u00e9volte et l\u2019harmonie&nbsp;\u00bb (p 91)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les voix de la r\u00e9volte sont encore plus incisives lorsqu\u2019elles sont confront\u00e9es \u00e0&nbsp;celles du consentement au patriotisme int\u00e9rioris\u00e9 et incarn\u00e9 par un grand nombre de soldats, et dont s\u2019est abreuv\u00e9e l\u2019image de la France. \u00ab&nbsp;Mourir pour la patrie sur la voix trac\u00e9e par le devoir, est le sort le plus beau&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp; \u00e9crivent-ils \u00e0&nbsp;l\u2019unisson. Une mort donn\u00e9e sans regret dans le \u00ab&nbsp;[\u2026] bonheur de se sentir\/valide, au pied, pour ainsi dire, de\/ son devoir. Vraiment, rien ne me fait peur\/tant que je me sens fort et comme fier\/\/\u00bb (p 311). Cette id\u00e9e exalt\u00e9e par la force nationaliste que la mati\u00e8re n\u2019est rien et que l\u2019esprit est tout, beaucoup de combattants l\u2019ont port\u00e9 jusqu\u2019au paradoxe<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_5_23326\"><sup>6<\/sup><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les voix se r\u00e9pondent, se nuancent et se divisent entre l\u2019id\u00e9e du devoir, de la juste cause et la col\u00e8re contre l\u2019h\u00e9ro\u00efsation de la guerre. Beaucoup se mettent \u00e0&nbsp;douter au fil de l\u2019immersion dans les tranch\u00e9es. Ainsi Marc Boasson se demande sans cesse dans ses lettres de guerre \u00ab&nbsp;quel est ce monde&nbsp; englouti dans ce noir&nbsp;? \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>[\u2026] \u00ab&nbsp;\u00d4&nbsp;France mon pays ensanglant\u00e9&nbsp;!<\/em><\/p>\n<p><em>Les fantaisies d\u2019imagination sont<\/em><\/p>\n<p><em>trop pu\u00e9riles d\u00e9sormais en face<\/em><\/p>\n<p><em>de la r\u00e9alit\u00e9 abominable.<\/em><\/p>\n<p><em>Qu\u2019on en finisse avec les exercices<\/em><\/p>\n<p><em>rh\u00e9toriques, qui sont si peu conformes<\/em><\/p>\n<p><em>\u00e0 ce que tout soldat affronte et vit&nbsp;!&nbsp;\u00bb [\u2026] (p. 353)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fil de l\u2019\u00e9criture de ce long po\u00e8me d\u2019une substance et d\u2019un rythme incomparables, Patrick Quillier s\u2019engage dans un \u00ab&nbsp;acte de m\u00e9moire&nbsp;\u00bb in\u00e9dit. Si cette expression a&nbsp;des accents convenus et quelque peu flous, au travers de ce recueil elle prend un tout autre ton. Le po\u00e8te m\u00e9dium et compositeur \u00ab&nbsp;entrouvre la porte du jardin des morts\u2026&nbsp;\u00bb, comme l\u2019\u00e9crivait Ren\u00e9 Char<a href=\"https:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/patrick-quillier-voix-eclatees-14-18\/#footnote_6_23326\"><sup>7<\/sup><\/a>. Il les entend, il chante leur r\u00eave, la vie suspendue, \u00ab&nbsp;projetant leur voix&nbsp;\u00bb&nbsp; m\u00e9connues ou trop rapidement ensevelies \u00ab&nbsp;dans l\u2019\u00e9coute contemporaine, quitte \u00e0&nbsp;les transcrire ou \u00e0&nbsp;les transposer&nbsp;\u00bb (p. 402).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et voil\u00e0 que nous font fr\u00e9mir les forces de l\u2019archa\u00efque qui \u00e9crivent sur le tempo d\u2019une d\u00e9solation profonde de l\u2019esprit la trag\u00e9die de ces temps maudits, du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent comme d\u2019ici et d\u2019ailleurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marcher entre les mots : Les territoires du blanc chez Andr\u00e9 du Bouchet et Kenneth White Par Christine Durif-Bruckert &#8211;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":533,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"ngg_post_thumbnail":0,"spay_email":""},"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2250"}],"collection":[{"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2250"}],"version-history":[{"count":14,"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2250\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2843,"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2250\/revisions\/2843"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/533"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/christinedurif-bruckert.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}